Matériel pour débuter l'aquarelle : papier Arches, pinceaux, palette, tubes d'aquarelle, trépied, cutter et accessoires.

Quel matériel choisir pour débuter l’aquarelle ?

🎨 Bien choisir son matériel pour éviter les erreurs coûteuses et progresser plus vite.


Quand j’ai commencé l’aquarelle, j’ai accumulé des pinceaux, des papiers et des couleurs qui ne m’ont finalement servi à rien .
Le matériel doit servir la créativité sinon il finit par la freiner.

J’ai écrit cet article en pensant à toutes les choses que j’aurais aimé savoir à propos du matériel lorsque j’ai débuté. Nous verrons ensemble comment bien s’équiper avec du matériel de qualité, sans dépenser inutilement.

🟩 Quel papier choisir pour débuter l’aquarelle ?

Le papier est sans doute l’élément qui influencera le plus vos résultats. Plus encore que la peinture, il conditionne la façon dont l’eau, les pigments et les couleurs vont se comporter.


On ne peut pas nier que, dans ce domaine, le papier Arches est une star, mais beaucoup hésitent à acheter ce papier parce qu’il a la réputation d’être très cher.

Cette réputation est surtout vraie lorsque l’on achète les blocs encollés.

Voici l’astuce que j’utilise :

J’achète de grandes feuilles au format « Jésus » (56 × 76 cm). Ici, en Italie (en France aussi l’astuce est valable), je les trouve à 6 €, toujours en 300 g/m² et 100 % coton grain fin , puis je les découpe en quatre feuilles de 28 × 38 cm.

Le coût tombe alors a 1.5 euros la feuille, ce qui pour un papier de cette qualité est très intéressant. Et ce n’est pas fini, il est possible de le faire descendre encore plus bas pendant les périodes de soldes ou avec les cartes de fidélité des magasins de beaux-arts.




Bien sûr, Arches n’est pas la seule marque à proposer d’excellents papiers aquarelle.
Vous trouverez également des papiers de très bonne qualité chez Hahnemühle ou Fabriano, sans forcément investir dans un grand format « Jésus »

Pour ma part, après avoir essayé de nombreuses marques au fil des années, je reviens toujours vers Arches. C’est un papier qui ne m’a jamais réservé de mauvaises surprises et sur lequel je peux compter.

Quelle que soit la marque pour débuter je recommande un papier de 300mgrs/m2 100% coton .

Il reste un dernier point essentiel : le grain du papier.

Quel grain choisir ?

Le grain correspond à la texture de la feuille, créée lors de sa fabrication. Il influence directement la façon dont l’eau et les pigments se comportent sur le papier.

À ne pas confondre avec le grammage, qui désigne le poids du papier exprimé en g/m². Pour débuter, je recommande un papier de 300 g/m² : c’est, selon moi, le meilleur compromis entre résistance, confort d’utilisation et prix.

Le grain satiné

👉 Aspect : parfaitement lisse.

👍 Idéal pour : les détails, les contours précis, l’utilisation de feutres ou d’encre.

💡 À savoir : il absorbe moins l’eau et sèche plus rapidement. Cela peut provoquer des auréoles ou des taches si l’on manque d’expérience. À l’inverse, certains aquarellistes recherchent volontairement ces effets pour donner davantage de caractère à leurs œuvres.

Le grain fin

👉 Aspect : légèrement texturé.

👍 Idéal pour : les débutants comme les aquarellistes expérimentés. Très polyvalent, il permet aussi bien de travailler dans l’humide que de réaliser des détails. C’est d’ailleurs le papier que j’utilise le plus souvent.

💡 À savoir : sa surface supporte bien les esquisses au crayon et les corrections à la gomme mie de pain, ce qui en fait un excellent choix pour les débutants.

Le grain torchon :

👉 Aspect : très texturé.

👍 Idéal pour : les effets de matière, la granulation des pigments et le travail dans l’humide.

💡 À savoir : si vous aimez les textures très marquées et les aquarelles au caractère affirmé, c’est ce papier qu’il vous faut. Personnellement, je ne l’utilise que rarement, mais il existe des sujets pour lesquels il convient mieux que les autres grains.

Quels pinceaux choisir pour débuter l’aquarelle ?

Depuis mes débuts à l’aquarelle, j’ai accumulé une quantité de pinceaux aussi impressionnante qu’inutile.

Avec le temps, je me suis vite rendu compte que je n’utilisais qu’une petite partie de cette collection.

Il existe aujourd’hui une multitude de pinceaux, de formes, de tailles et de qualités différentes.

Pour s’y retrouver, il suffit finalement de se poser les bonnes questions.


Quel type de poils ?

Avant de choisir vos pinceaux, il est utile de connaître les deux grandes familles qui existent

  • les pinceaux en poils synthétiques ;
  • les pinceaux en poils naturels.

Pour ma part, j’utilise désormais exclusivement des pinceaux synthétiques.

Autrefois, les pinceaux naturels avaient un avantage très net. Aujourd’hui, les fabricants ont énormément progressé et l’écart de performance s’est considérablement réduit.

Les pinceaux naturels restent excellents, mais ils sont plus fragiles, plus chers et nécessitent davantage de précautions.

Les pinceaux naturels sont fabriqués à partir de poils d’animaux (martre, petit-gris, poney…). Même si leur qualité est reconnue, leur fabrication soulève aujourd’hui des questions éthiques qui ont aussi influencé mon choix.

Pour cette raison, et compte tenu des excellentes performances des fibres synthétiques modernes, je préfère désormais utiliser exclusivement des pinceaux synthétiques.

Quelle forme de pinceau choisir ?

Pinceaux ronds, plats, langue-de-chat, éventails, traceurs (riggers)… il en existe une multitude.
Là encore, le choix est immense. Vous l’aurez compris, inutile de vous compliquer la vie. Pour débuter, choisissez simplement des pinceaux ronds : ils vous permettrons de tout faire.

💧 Et les pinceaux à réservoir d’eau ?

Très appréciés en carnet de voyage, ils permettent de peindre sans avoir à transporter un récipient d’eau. Personnellement, je les utilise uniquement en dernier recours. Je trouve qu’ils offrent moins de contrôle sur la quantité d’eau libérée, ce qui les rend moins agréables pour un travail précis. Ils restent néanmoins une solution pratique lorsque les conditions ne permettent pas d’utiliser du matériel classique.

Combien de pinceaux faut-il pour commencer ?

La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’en acheter beaucoup.
Sur la photo ci-dessous, ce sont ceux que j’utilise le plus souvent. Ils ne représentent pourtant même pas la moitié des pinceaux que je possède.



Quelle taille de pinceaux choisir ?

Pour débuter, je recommande simplement :

  • Un pinceau fin pour les détails ;
  • Un pinceau moyen ;
  • Un pinceau plus gros pour les lavis et les aplats ;
  • Éventuellement une brosse plate.

Les fabricants utilisent chacun leur propre système de numérotation. Un pinceau n°8 d’une marque peut être plus petit qu’un n°6 d’une autre.

Ne vous fiez donc pas uniquement au numéro indiqué sur le manche. Si vous achetez vos pinceaux en magasin, comparez-les directement. Si vous commandez sur Internet, consultez les dimensions indiquées par le fabricant lorsque c’est possible.

Pour débuter, l’important n’est pas le numéro du pinceau, mais sa taille réelle et son usage. Un petit pinceau pour les détails, un pinceau moyen polyvalent et un plus gros pour les lavis vous permettront déjà de réaliser la grande majorité de vos aquarelles.


Mes conseils

Si vous le pouvez, choisissez des pinceaux capables de retenir une bonne quantité d’eau, surtout les plus gros destinés aux lavis.

Cette capacité de rétention facilite grandement le travail et évite de devoir recharger constamment le pinceau en eau.

Essayez également de choisir des pinceaux qui conservent une pointe fine, même lorsqu’ils sont de grande taille. Vous pourrez ainsi réaliser aussi bien des détails que des lavis sans changer constamment de pinceau.

💡 À retenir : mieux vaut trois ou quatre excellents pinceaux qu’une dizaine de pinceaux moyens. Vous compléterez votre collection naturellement au fil de votre pratique.

la peinture


Mon premier conseil est simple : moins, c’est mieux.

Quand on débute l’aquarelle, on est souvent tenté d’acheter toute la gamme de couleurs.
J’ai acheté certains godets qui ne m’ont servi qu’une seule fois.

En réalité, quelques couleurs bien choisies suffisent largement pour apprendre à peindre et comprendre les mélanges.

Aujourd’hui, ma palette contient une quinzaine de couleurs, mais j’utilise la plupart du temps seulement la moitié d’entre elles. Les autres se sont ajoutées au fil des années, en fonction de besoins très spécifiques.

Godets ou tubes ?

Les deux solutions sont parfaites pour débuter.

Les godets (ou demi-godets)

✔ moins chers au départ ;

✔ faciles à transporter ;

✔ parfaits pour apprendre.

Les tubes

✔ plus économiques à long terme ;

✔ parfaits pour recharger ses godets en fonction de ses besoins ;

✔ permettent de prélever davantage de peinture ;

✔ plus pratiques pour peindre sur grands formats ,préparer des lavis.

🎨Les tubes présentent également un autre avantage : ils indiquent généralement plus d’informations sur les pigments utilisés (composition, résistance à la lumière, transparence…). Apprendre à lire ces indications est très utile, mais cela mérite un article à part entière. Nous y reviendrons prochainement.

Aquarelle fine ou extra-fine ?

Aquarelle fine

✔ moins chère ;

✔ idéale pour débuter.

Aquarelle extra-fine

✔ davantage de pigments ;

✔ couleurs plus lumineuses;

✔ meilleure conservation.

💡 À retenir : une aquarelle fine permet tout à fait de débuter. En revanche, si vous souhaitez conserver vos œuvres pendant de nombreuses années, je vous conseille de passer progressivement aux gammes extra-fines.

Le chevalet est-il indispensable ?

Si vous peignez essentiellement chez vous, vous pouvez parfaitement commencer sans chevalet. Une simple planche légèrement inclinée fera très bien l’affaire. Vous pouvez, par exemple, la surélever avec une cale ou une seconde planche.

En revanche, si, comme moi, vous aimez peindre en extérieur, un chevalet de campagne constitue un excellent investissement. Choisissez avant tout un modèle léger, facile à transporter.

Voici le chevalet d’entrée de gamme que j’utilise depuis plusieurs années. Pliable, léger et facile à transporter, il me suit dans presque toutes mes sorties aquarelle. Je ne lui en demande pas davantage.

Et le reste

✏️ Un crayon HB ou 2H ou un critérium

Pour réaliser l’esquisse, inutile d’acheter toute une gamme de crayons. Un simple HB ou 2H suffit largement.

✒️ Quelques feutres noirs

Si vous souhaitez accentuer certains contours ou donner un aspect carnet de voyage à vos aquarelles.


🧽 Une gomme mie de pain

Elle permet d’éclaircir un dessin par simple pression ou en la faisant rouler sur le papier, sans abîmer ni salir son grain.

🧴 Un vaporisateur

Très pratique pour humidifier d’un seul coup toutes les couleurs de votre palette. Vous gagnerez un temps précieux.

🧻 Du papier absorbant

Indispensable pour contrôler la quantité d’eau, corriger certaines erreurs, réaliser quelques effets. (Préférez le papier toilette ou un tissu doux, l’essuie-tout laisse les traces de ses motifs).

🪵 Une planche rigide

Pour fixer votre feuille.

🌂 Un pare-soleil

Constitué d’une simple plaque de carton pliée, il permet de protéger votre feuille du soleil pendant que vous peignez en extérieur. Une partie se glisse sous la planche, tandis que l’autre se rabat au-dessus de la feuille. Une petite baguette de bois collée au niveau de la pliure permet de maintenir le volet ouvert.

💡 C’est probablement l’accessoire le plus simple à fabriquer, mais aussi l’un des plus utiles lorsque l’on peint en plein soleil.


Mon matériel quand je peins en extérieur :

L’astuce antigel :

Lorsque j’habitais dans les Cévennes, en Lozère, les températures descendaient fréquemment sous 0 °C. L’eau gelait parfois presque instantanément sur la feuille et les pigments ne se mélangeaient plus correctement.Dans ces conditions, quelques gouttes de vodka (ou de tout autre alcool titrant plus de 50 ° ) ajoutées à l’eau du godet permettent de retarder le gel et de continuer à peindre.


En résumé

Le matériel reste avant tout une affaire de pratique, de préférences et de sensibilité artistique.
Investissez dans un bon papier et quelques pinceaux de qualité plutôt que d’accumuler du matériel inutile. Vous économiserez de l’argent, de la place et apprendrez plus rapidement à maîtriser ce que vous possédez déjà.

Le bon matériel, c’est finalement celui qui sait se faire oublier.

D’ailleurs, oublions un peu le matériel. Dans mon prochain article, nous commencerons enfin a peindre.

Mais avant cela, j’aimerais vous poser une question.

Quel est le matériel dont vous ne pourriez plus vous passer ? Votre pinceau préféré ? Votre papier favori ?

C’est le genre de discussions qui anime souvent les rendez-vous croquis (« Urban sketching »). Et je remarque que, même si les avis sont parfois très tranchés, il y a toujours quelque chose à apprendre de ces échanges.

Dites-le-moi en commentaire. Je serai curieux de découvrir vos habitudes… et vos indispensables.


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